ROBERTO ZUCCO

de Bernard-Marie Koltès

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Mise en scène et musique

THOMAS BELLORINI

 

Collaboration artistique :
Hélène Madeleine Chevallier

 

Avec : (distribution en cours)

Clara Antoons,

Samy Azzabi,

Jérémy Breut,

Hélène Madeleine Chevallier,

Brenda Clark,

Edouard Demanche,

Christabel Desbordes,

Lucie Drouin-Meslé,

Stanislas Grimbert,

Nathan Hadjaje,

Fabian Hellou,

Alexandre Nicot,

Ferdinand Paimblanc,

François Pérache,

Marie Seguin,

Marie Surget,

June Van Der Esch,

Zsuzsanna Varkonyi

 

Création lumière : Victor Arancio, assisté de Tom Lefort

 

Son : Tom Lefort

 

Coproduction Théâtre Montansier, Ecole Claude Mathieu, Compagnie Gabbiano, avec le soutien du Centquatre-Paris.

 

La distribution est composée d’élèves récemment sortis de l’Ecole Claude Mathieu et d’artistes fidèles de la compagnie Gabbiano.

 

Administration : Samira Bentahar (sbciegabbiano@gmail.com)

NOTE D'INTENTION

 

« On ne mettra jamais un mur entre le soleil et la terre. » Roberto Zucco

Roberto Zucco défie les hommes, défie les lois, défie les éléments et se défie lui- même. Tel un héros de tragédie antique, Roberto Zucco se bat contre un destin régi d’avance. Tous savent qu’il va mourir ; Roberto Succo est mort quand Bernard-Marie Koltès écrit en 1988, dans les tourments de la maladie et d’une mort qu’il sait proche, cette pièce, la dernière de son oeuvre. Le dramaturge s’empare de l’histoire de Roberto Succo, tueur en série italien médiatique, pour donner naissance à Roberto Zucco, personnage d’inspiration biblique et mythique.

Les quinze tableaux de la pièce, semblables à un chemin de croix, conduisent à la perte inéluctable de Roberto Zucco. Dans sa chute, il entraîne avec lui ceux qu’il rencontre : Zucco fascine autant qu’il effraie. Les personnages qui l’entourent, assistent au parcours de ce héros que Bernard-Marie Koltès qualifie lui-même de « trajectoire d’étoile filante ».

En écho à la tragédie antique, un chœur composé de dix-huit artistes, tour à tour comédiens, musiciens et spectateurs, éclaire cette histoire au rythm e des battements de cœur de son héros.

Construire et détruire. Entre pulsion de vie et pulsion de mort, Roberto Zucco s’égare. L’âme noire, il cherche la lumière. Vient-elle de l’occident ou de l’orient ? Roberto Zucco est un oiseau qu’on ne peut mettre en cage.

Avec Roberto Zucco, Thomas Bellorini poursuit ses recherches sur le rapport qu’entretient la fiction avec le réel (Femme non rééducable de Stefano Massini ; Tombeau pour Palerme de Laurent Gaudé). A travers l’écriture de Bernard-Marie Koltès, le metteur en scène oriente à nouveau son travail autour de la choralité et de la musicalité de la langue, travail qui s’inscrit dans la ligné de sa dernière mise en scène, Solo Andata de Erri De Luca.

NOTE DE MISE EN SCÈNE

 

A la manière d’un chœur de tragédie antique, dix-huit comédiens et musiciens observent la chute de Roberto Zucco. L’orchestre (percussions, violoncelle, accordéon, guitare électrique, basse, vibraphone, clarinette…) s ‘approprie un répertoire de musique sacrée aux sonorités contemporaines. La musique dialogue ici avec la langue de Koltès qui oscille entre trivialité et lyrisme.

Rongé par de noirs désirs, Roberto Zucco laisse transparaître sa musique intérieure par l’intermédiaire de ce chœur. La musique suit le déraillement de Zucco ; un être contrarié dont les colères s’apparentent à celles d’un enfant capricieux et impulsif qui, dans un geste incontrôlé, détruit le château de cartes qu’il a construit avec soin des heures durant. Dans les mains de Roberto Zucco, des briques de bois lui permettent de construire, mais aussi de détruire, ce qu’il met en œuvre avec ingéniosité, dans une persévérance démesurée. Goliath en modèle, il est guidé par la volonté de dépasser ses propres limites, défiant le monde qui l’entoure.

Tous l’observent. Filmé par une caméra placée sur scène et dont l’image est projetée en direct sur le mur noir derrière le choeur, les spectateurs suivent les installations de briques de bois de Roberto Zucco, à la manière de ses parents qui le couvent comme un oisillon dans un nid. La caméra traque Zucco comme les médias ont pu le faire ; la société suit frénétiquement le parcours de ce meurtrier magnétique.

Depuis des échelles verticales, Zucco s’élève. Il se rêve oiseau. Et quand il trouve la lumière du mur d’or, il est ébloui et s’envole, comme Icare. La fatalité s’abat. Les éléments s’acharnent. Il disparaît dans une pluie noire.