LA CERISAIE

d'après Anton Tchekhov

banner la cerisaie ZSuzsi

Mise en scène
et direction musicale

THOMAS BELLORINI

 

Traduction :
André Markowicz et Françoise Morvan

 

Collaboration artistique :
Hélène Madeleine Chevallier

 

Avec :

Fabien Ardiri
Samy Azzabi
Elisa Berr
Jérémy Breut
Xavier Brière
Brenda Clark
Edouard Demanche
Christabel Desbordes
Jean-Christophe Frèche
Stanislas Grimbert
François Pérache
Marie Seguin
June Van Der Esch
Zsuzsanna Varkonyi

Création costumes : Séverine Thiébault
Stagiaires costumes : Esther Amilien, Daphné Chichet, Cassiopée Lagord

Création lumière : Thomas Bellorini et Marc Gingold

Création Son : Nicolas Roy

Régie plateau : Jérôme Prigent

Musique : Jean-Sébastien Bach, Thomas Bellorini, Cole Porter, Zsuzsanna Varkonyi

Durée : 1h50

Coproduction : Théâtre Montansier,
Compagnie Gabbiano, avec le soutien du Centquatre-Paris.

« C’est dans cette chambre d’enfants que je dormais, c’est de là que je regardais la cerisaie [...], elle était exactement comme aujourd’hui, rien n’a changé. »
Lioubov Andréïevna

Dernière pièce de théâtre d’Anton Tchekhov écrite entre 1901 et 1903, La Cerisaie conte l’histoire d’un retour. Malade, le dramaturge russe écrit peut-être depuis son enfance, des souvenirs lointains de la maison familiale perdue. Cette pièce tragi-comique dépeint un monde en transition, entre un siècle qui s’achève et un autre qui commence.

Dans La Cerisaie, tous portent un regard sur ce monde en rupture. Les murs vieillis de la maison entendent s’affronter des paroles qui ne parviennent pas à s’accorder. Un passé où l’esclavage dominait hier la société russe et un futur d’où parviennent déjà les premières idées révolutionnaires. A l’image de cette société en mutation, la nature se détraque. Les cerisiers peinent à donner des fruits dans ce climat déréglé où le mois de mai est glacial et celui d’octobre ensoleillé.

Dans cette maison aux objets de bois où trône une méridienne d’un rouge cerise éclatant, la nature reprend ses droits à l’instar de la terre qui gagne peu à peu du terrain jusqu’à envahir l’espace. Empêtrée dans ces sables mouvants, Lioubov Andréïevna, revenue de France où elle a fui après la mort de son fils, se débat tant bien que mal pour garder sa propriété et la cerisaie qui l’ont vue grandir. Sa terre est une terre de sentiments. Elle cherche à retenir l’enfance, à enfermer les souvenirs mais les corps vieillissent, comme elle le constate si souvent avec sarcasme.

En écho aux mots de Tchekhov, à cette langue de tous les jours, biscornue comme l’a qualifiée Léon Tolstoï, la musique résonne tout au long de la pièce et se déploie dans l’acte III lors de la fête donnée par Lioubov Andréïevna, dernière illusion d’un passé qu’elle ne veut voir s’envoler, le jour de la vente de la cerisaie. Puisée dans le répertoire traditionnel de l’Europe de l’Est, la musique traduit sa modernité à travers des sons amplifiés aux accents contemporains.

Les cartes se rabattent enfin, elles voltigent même dans les mains de la gouvernante magicienne - celle qui n’appartient à aucune terre - dans un tour de passe-passe final. Se joue alors le dernier numéro, celui de l'arroseur-arrosé.